
Des
pages de "mon bouquin" ont été intercalée
sur le site. Cette Préface vous aidera a mieux comprendre les
motivations qui m'ont poussé a écrire les pages de ce
livre et faire ce site. Le livre dans la totalité de ses 48 chapitres
n'est pas un livre personnel, en ce sens qu'il i raconte, ce que d'autres
auraient pu raconter, si ils avaient une bonne connaissance de la langue
Française.
J'ai donc choisi délibérément de donner la parole
a ceux qui ne pouvaient s'exprimer plutot que de me mettre "en
avant" personellement. Les pages qui ont été reproduites
sur le site, sont des pages plus personelles, mais elles ne reflètent
pas ce que j'ai fait dans les 48 chapitres du livre, c'est a dire "donner
la parole aux autres et rendre compte de certains évènements"
Bien
entendu je n'ai pas tout dit... a cause "du devoir de réserve"
Le
site www.legion-etrangere-parachutiste.com

est
donc le prolongement de ce livre qui ne sera jamais publié.
L'internet m'ayant permis d'ajouter des images, de l'audio, et la partie
historique du bouquin vers le site Internet..
Puisse
ces quelques lignes, vous fournir un peu plus de compréhension
afin de mieux comprendre le bouquin et le site.
Préface.

A Yan mon frère disparu prématurément
Quand par suite des difficultés que j’ai rencontrées
dans ma vie et parce que les hommes mes juges avaient complètement
détruit mon avenir par leur incompréhension, la plupart
se sont détournés de moi.
Yan mon frère tu étais mon seul soutien et je remercie
le ciel de m’avoir donné un frère comme toi.
Devant la mort il ne reste que l’essentiel de la vie qui sont
les nombreux souvenirs que nous possédions en commun.
Les hommes m’ont cassé, brisé parce-que je ne marchais
pas a « leur pas ».
J’ai voulu finir ce bouquin car tu en avais lu les premières
versions, et je savais que tu voulais que je le finisse, toi qui avais
toujours été au fond des choses.
Une partie des archives m’ont été ouvertes, situant et renforçant
les premiers jets de ce livre que tu avais aimé.
Ces archives ont renforcé l’authenticité de ce que
j’avais écris, d’un premier jet.
Ce livre ne sera jamais publié, si ce n'est probablement quelques
extraits sur mon site Internet. Les publications ne sont faites que
pour flatter notre orgueil et donner une image sublimatoire de notre
personnalité. En ne le publiant pas chez un "éditeur"
je respecte "la fidélité a la parole donnée". Ce livre publié par un éditeur orienté
politiquement aurait sans aucun doute "fait un tabac" et donné du grain a moudre a ceux qui rêvent de critiquer
la Légion. Ce ne sont pas les détracteurs qui manquent…. ceux
ci resteront sur leur faim.
La seule chose qui compte est d’avoir été au bout
du contrat, et de rester fidèle a nos valeurs légionnaires,
jusqu'à mon dernier souffle.
Dans un avenir qui me paraît proche, j’échapperai
définitivement aux mains de mes détracteurs, et de l’incompréhension,
humaine et nous serons a nouveau ensemble ton "vieux" qui te serre la pince.
A ma fille Marie,
A mes deux petites filles
A la Légion Étrangère
A ses chefs
Au 2ème Régiment Étranger de Parachutistes
Aux anciens de la 2ème compagnie, 2ème section.
Aux Légionnaires Parachutistes, aux Parachutistes du 6ème
RIAOM "morts pour la France", dans les opérations
de 1969-1970 au Tchad.
A mes amis les légionnaires, Dupuis, Melek, Alphonsi et les autres,
morts pour rien... afin que leur courage et leur sacrifice se perpétue
dans nos mémoires.
Aux legionnaires-parachutistes ,aviateurs, troupes d’infanterie
de marine, morts pour la France, dans l’anonymat le plus complet,
car
cette guerre du Tchad qui dérangeait au plus haut point les "politiques",
et les bonnes consciences.
Au capitaine de Larre de La Dorie, du service de santé, mortellement
blessé a Faya-largeau (Tibesti) alors qu’il portait secours
a un sous-officier blessé
A sa famille
Aux pilotes d'hélicos qui nous ont si souvent sortis de la "merde",
et
en particulier aux équipages des deux hélicos canons,
pilotes et tireurs canon de 2o mm.
A tous ceux qui ont participé a cette guerre du Tchad, dans le
désert du Tibesti, et qui sont frappés par de lourdes invalidités,
dues a la difficulté des opérations, au manque d’eau,
de nourriture et de soins et qui le payent maintenant dans leur vie
de tous les jours....
Trente ans après le désir d'écrire ces quelques
lignes, sans prétention s'est imposé.
J'en ressentais le besoin pour évacuer de mauvais souvenirs,
et garder les meilleurs, avec la même densité que 35 ans
auparavant.
Les faits décrits sont exacts, je ne prétends pas détenir
la vérité, mais ma vérité....
Il n'y a pas de vérité sur la Légion Etrangère,
mais des dizaines de milliers de vérités, dont chacun
d’entre nous est le fidèle dépositaire.
Un immense puzzle, commencé au Mexique en 1831, dont on ne verra
jamais la fin... car la Légion Étrangère est immortelle.
Chacun de nous a des époques différentes, dans des conflits
qui n'ont aucune similitude, continue à apporter depuis la création
de la Légion en 1831, sa pierre pour la construction de l'édifice,
dans le respect des traditions.
Ce livre n'évoque pas toujours les clichés de ce que l'on
raconte habituellement sur la Légion Etrangère, c'est
avant tout une histoire personnelle et individuelle.
Et plus tard, le récit
de ces sombres journées
Maintes et maintes fois redit et raconté
Fera bailler d'ennui les petits, et les grands
Qui penseront le "vieux"
Il devient emmerdant
Je ne peux décrire
trente ans après tous les faits, un devoir de réserve
s'impose... vis-à-vis des personnes rencontrées, je n'ai
donc pas tout dit.... car il y a des évènements que l’on
ne peut écrire.
J’ai toujours essayé de me mettre en retrait, de ne raconter
que mon état d’esprit, ma façon de penser, et non
de faire l’apologie de mes faits de guerre, dont tout le monde
se fout y compris moi-même, surtout moi-même. J’ai
trop entendu de vantardises autour de moi....
Les moments de rire ou de situations cocasses étaient souvent
des signes de détresse. Nous avons tous connu ce genre de comportements
dû a ce que l’on appelle le "cafard du Légionnaire", qui se traduit toujours par une indiscipline et une punition
sévère, comme si nous provoquions la faute, pour gagner
la punition qui nous remet dans le droit chemin, en nous permettant
de chasser les idées noires. Ne pas penser, tel était notre
credo. Un Légionnaire qui pense est condamné.
J’ai essayé de mettre en valeur les autres, mes camarades,
ceux qui n’ont pas pu parler, les "modestes", les "humbles",
ceux qui ne pratiquaient pas correctement la langue française
et qui n'ont jamais pu s’exprimer. Cette histoire est aussi "leur histoire", c’est pour eux que je l’ai écrite.
Il n’existe pas de livre de ce genre écrit par un simple
Légionnaire.
Les nombreux livres sur la Légion ont tous été
écrits par des officiers ou par des historiens.
Ce livre plaira aux anciens Légionnaires, car c’est une
partie de leur vérité celle qu’ils n’ont jamais
pu exprimer, car maîtrisant mal la langue française.
Il est de bons et de mauvais Légionnaires. Les mauvais Légionnaires
n'étant q’une exception, le système rejetant toute
brebis galeuse. Il est de bons et de mauvais officiers, la plupart "très
bons", mais les mauvais ne sont pas rejetés Il y a l’exception,
l’incompétent qui le sera toujours. Pour n'avoir pas pris
en compte "la santé de leurs hommes", observé
un "minimum d'heures de repos" entre "deux opérations",
veillé a un "minimum de nourriture", a un "minimum
de soins et de médicaments", le systême leur a accordé
des médailles et nous a laissé des invalidités
qui nous auront handicapés toute notre vie. Cela aurait pu être
évité et le "bilan" de la compagnie "aurait
été identique" ! quand au nombre de HLL mis hors
de combat. Je ne me plains pas ! Je constate!
Il
y a enfin les sous-officiers, jamais incompétents. Du grade de sergent
a celui d’adjudant chef, c'est l’ossature, la colonne vertébrale
de la Légion. Durs, sévères, disciplinés, mais s’appliquant a eux
mêmes ces règles. Toujours soucieux de l’état moral et physique
du simple Légionnaire. Le sous –officier Légion a passé les mêmes
obstacles que les hommes dont il a le commandement, il a lui-même
porté le Képi Blanc, c’est ce qui nous unit. Sans doute se souvient
il toujours, de la "schlague" qu’il a lui même subie,
mais qu’il appliquera sans remords, et avec justice a tout manquement
a la discipline.
Ces sous-officiers ont presque tous au 2ème REP, la Médaille militaire,
et la Légion d’honneur, toutes deux gagnées au feu, et non pas a
l’ancienneté....., leur Légion d’honneur n’était pas dans le paquetage
lorsque ils se sont engagés, ils ont été "se la gagner",
comme l’on dit vulgairement.
On peut dire ce bouquin, c'est de la merde... on peut aussi essayer
de comprendre.
A vous de réfléchir, a vous de faire la part des choses.
Ne jugez pas avec votre propre vécu, vous ne pourriez pas, dites-vous
qu'après avoir vécu les pages que j’ai écrites, on ne peut plus
jamais ressembler à ce que vous êtes...........
Pour ceux qui ne me côtoient, et qui n'ont pas encore compris ce
qui ne va pas, qu'ils continuent à chercher......., c'est dans le
livre....

Les
derniers mots
J'ai peur de tous
ces gens raisonnables et soumis
Qui voudraient me
priver de mes amphétamines.
Pourquoi vouloir
m'ôter mes dernières amies ?
Mon corps est fatigué
et ma vie presque en ruine.
Souvent les médecins,
ces pustules noircies,
Fatiguent mon cerveau
de sentences uniformes ;
Je vis ou je survis
très en dehors des normes ;
Je m'en fous. Et
mon but n'est pas dans cette vie.

Quelquefois le matin
je sursaute et je crie,
C'est rapide c'est
très bref mais là j'ai vraiment mal
Je m'en fous et
j'emmerde la protection sociale.
Le soir je relis
Kant, je suis seul dans mon lit.

Je pense à
ma journée, c'est très chirurgical ;
Je m'en fous. Je
reviens vers le point initial.
Mon corps est comme
un sac traversé de fils rouges
Il fait noir dans
la chambre, mon oeil luit faiblement
J'ai peur de me
lever, au fond de moi je sens
Quelque que chose
de mou, de méchant, et qui bouge.
On ne croit plus vraiment que la
mort soit funeste
Surtout pour le principe, de temps
en temps, on rit ;
On essaie vainement d'accéder
au mépris.
Puis on accepte tout, et la mort
fait le reste.

J'aime les hôpitaux,
asiles de souffrance
Ou les vieux oubliés se transforment en organes
Sous les regards
moqueurs et pleins d'indifférence
Des internes qui
se grattent en mangeant des bananes.
Dans leurs chambres
hygiéniques et cependant sordides
On distingue très
bien le néant qui les guette
Surtout quand le matin ils se dressent, livides,
Et réclament en geignant leur première cigarette.

Je hais, Jésus-Christ,
qui m'as donné un
corps
Mes amitiés
s'effacent, tout s'enfuit, tout va vite,
Mes années
glissent et passent et rien ne ressuscite,
Je n'ai pas envie
de vivre et n'ai pas peur de la mort !

Le
jour viendra ou le bruit de mon clavier ne résonnera plus
,
Et les mots que j'aimais ne viendront pas non plus
Ce
jour la, j'aurai enfin rejoint ce dont je vous parlais
Ce
paradis lointain dont nous avions rêvé .
Le
Paradis des Anciens 
Légionnaires
Parachutistes

Au
revoir ................

Legio
Patria Nostra


...
|