"Alerte
Guépard."
Il se passe quelque chose. Depuis plusieurs jours, des rumeurs se font
entendre ça et là. On parle du Liban, de certains pays
d'Afrique. La rumeur alimente la rumeur et tout le monde raconte n'importe
quoi.
La sirène stridente était assourdissante. C'était
le signe d'une intervention "Alerte Guépard."
Sur
la place d'Armes
Branle-bas de combat
Toutes les képis-blancs sont la
La 2 s’en va.
Crane rasé et gueule de guerrier
Fusil, poignard grenades au coté
Cette fois c’est du vrai, Car
le convoi démarre
Salut les gars direction la bagarre.
La
machine est bien rodée, en quatre heures le régiment est
prêt à partir, pour n'importe quelle destination dans le
monde, au profit de la 11ème Division Parachutiste, dont nous
sommes le fer de lance.
Les paquetages légers, armes et munitions, sont répartis
devant la CAE, puis nous attaquons le gros matériel, transmissions,
vivres, réserves de munitions, armement lourd des mortiers de
12O MM.
En quatre heures, nous sommes prêts à partir.
Le capitaine BENEZIT est en réunion au P.C. du Colonel depuis
plusieurs heures et nous attendons, en vérifiant les derniers
matériels, les instructions qui nous seront données.
La Jeep de BENEZIT arrive à toute vitesse: "- SZUSTER, rassemblez
la compagnie!."
La compagnie rassemblée, BENEZIT, grave, s'adresse à nous:
"Des événements graves se passent en Afrique. Nous
sommes mandatés par un pays ami pour intervenir. La 1ère
et la 2ème compagnies partent dans deux heures. La CAE reste
en stand-by à Calvi.
J'ai besoin de volontaires pour compléter les éléments
manquants de la 2ème compagnie. Il me faut dix Légionnaires.
Ceux qui sont volontaires, levez la main."
D'un bloc, toutes les mains se sont levées.
Je
me suis porté volontaire, et je suis affecté a la 2ème
compagnie, je quitte donc la compagnie d'appui et d'éclairage.
En quelques minutes, nous nous présentons partout. Bon accueil,
on a des années de service, du métier et nous avons toujours
été au REP. C'est le passeport..... .
La nuit commence à tomber sur Calvi et les premiers véhicules,
qui serviront à nous convoyer jusqu'à l'aérodrome
d'Ajaccio, commencent à arriver.
Non seulement les véhicules du Régiment, mais tous les
véhicules sont réquisitionnés dans la Marine et
l'Aviation.
Nous ne connaissons toujours pas notre destination. La seule certitude
c'est l'Afrique, destination inconnue.
Le Colonel Lacaze, le "sphinx", nous adresse quelques paroles
d'encouragement, pour cette mission, et donne l'ordre d'embarquer
Dans
le tonnerre de nos moteurs
Vitre une pensée pour ceux qui nous sont chers
Debout Légionnaire c’est le signal du saut
La porte est ouverte serre les dents et vas-t’en
Les
véhicules franchissent le poste de Police où la garde
d'honneur nous présente les armes, et le long convoi parcourt
lentement, tous feux éteints, les premiers contreforts de la
montagne.
Réveillés par les grondements de dizaines de moteurs qui
peinent, les Corses se sont réveillés et, sentant qu'il
se passe quelque chose d'anormal et que nous partons vers une destination
lointaine, nous font de grands gestes d'adieux.
«
Vous qui regardez passer ces gars bronzes
Sur les pistes et les sentiers
L’œil aux aguets
De Timimoun jusqu'à Tebessa
Dans les coups durs ils sont toujours la
Et les fellaghas ne pourront pas résister
Devant l’assaut de la 2 au paquet
le
convoi s'étire. Les phares sont éteints, on ne voit que
les "yeux de chat" des camions qui sont allumés.
"Le spectacle de ce convoi, gravissant la montagne, sur des dizaines
de kilomètres, est la plus belle image de mes souvenirs de Légionnaire.
Le vacarme des GMC est ahurissant. De cinquante mètres en cinquante
mètres, le convoi s'étire lentement.
Lorsque je suis en haut des cols, j'aperçois tout en bas, dans
la vallée, les derniers véhicules, et de virages en virages,
les camions qui renâclent à la montée.
C'est féerique.
Sentiment de force, de montée en puissance.
A l'intérieur des G.M.C les Légionnaires, comme dans
toutes les grandes occasions, entonnent les chants traditionnels, pour
fêter l'événement de cette "intervention Africaine."
Nous ne rêvons que coups et blessures. Tout le monde est heureux,
de partir au combat. C'est çà l'esprit des troupes Parachutistes
de la Légion Etrangère.
Petit à petit, sous l'effet de la fatigue les chants se sont
tus. Il fait froid dans la montagne et les Légionnaires ont fini
par s'endormir.
Au petit matin, les premières lueurs d'Ajaccio se devinent devant
les véhicules et nous filons vers l'aérodrome.
Des gros porteurs nous attendent déjà, réquisitionnés
par l'armée.
A nouveau, nous déchargeons les véhicules et l'important
matériel pour les ranger dans les avions.
Tout ceci n'a duré que quelques heures.
"L'alerte Guépard" a été déclenchée
vers 6 heures du soir, aux premières heures du jour, nous étions
à Ajaccio.
C'est çà, le professionnalisme du Régiment.
Nous ne sommes pas restés longtemps sur le tarmac de l'aéroport.
Cinq heures après, nous débarquions à Fort Lamy,
sous une chaleur d'enfer un soleil de plomb.
Les qautre années passées en Algérie m'avaient
habitué à de fortes chaleurs, mais je ne pouvais soupçonner
qu'il puisse exister un endroit aussi caniculaire dans le monde.
Nous avons du mal à respirer.
Les bérets rouges sont venus nous accueillir à l'aérodrome
de Fort Lamy, car le temps presse, le régime s'effondre, les
bandes armées parcourent le pays qui est à feu et à
sang.
Pendant trois jours nous percevons les véhicules.
Le départ des deux compagnies pour Mongo est proche.
L'une prendra le chemin du Nord et l'autre passera par l'Est pour prendre
Mongo, encerclée par les rebelles, en tenaille.
Les
trois coups sont frappés comme au Théatre et le premier
acte, l'acte 1 du 2ème Rep va se dérouler en Afrique Noire
au Tchad , 40 ans apres le Régiment est intervenu 4 ou 5 fois
au Tchad, afin de rétablir la Paix, et les compagnies depuis
1969 effectuent des "tournantes" de quelques mois depuis 34
ans afin d'assurer la présence Française et la stabilité
du pays .
Déjà
les moteurs tournent:
"- Vite, équipez-vous!."
Nous volons, nous volons aujourd'hui vers l'ennemi,
De la bataille, de la bataille légionnaires, nous ne reviendrons
pas
Là bas, les ennemis t'attendent, sois fier nous allons au combat."
"(Chant traditionnel).
Ordre
du jour du 19 Avril 1969
Officiers
,sous-officiers,caporaux-chefs,caporaux et légionnaires.
« pour la première fois dans sa longue et glorieuse histoire
la Légion vient en Afrique Centrale. C'est a vous qu’échoit
l’honneur de la représenter dans la République du
Tchad.
Votre tache est difficile. Je vous promets beaucoup de sueur et vous
ordonne de tout faire pour éviter de verser le sang et de faire
couler les larmes. Par votre valeur et votre discipline vous forcerez
le respect et l’admiration de tous les Tchadiens. Ainsi vous remplirez
la mission que vous a fixée la France, amie de ce pays.
Fort –Lamy, le 19 avril 1969.
Le Général Arnaud.
Délégué militaire au Tchad.
30
avril 1969 anniversaire de Camerone a CALVI
discours du Colonel Lacaze.
"Sachez que nous serons dignes de vous et que la vielle devise
"honneur et fidélité" sera un gage de notre grandeur.
Ceux d’entre nous qui fêtent Camerone ce soir en Afrique
ne sont-ils pas la pour prouver que comme ses anciens le R.E.P. est
disponible toujours et partout, fidêle a ses chefs et a son drapeau."
A
la fin de ce discours, les compagnies restantes a Calvi entonnent le
chant du Régiment.
"Dans le monde entier on s’est toujours battu pour des
intérêts quelconques ; le légionnaire lui sacrifie
sa vie pour rien parce qu’il est Légionnaire, pour se
réhabiliter peut-être mais aussi pour se dépasser, pour accomplir un acte de courage inutile,
doué qu’il
est peut-être de ce sens surhumain que l’on qualifie d’héroïsme. Sa gloire sera muette, anonyme mais il l’a acceptée en
s'engageant, se marquant d’une façon innéfaçable. Des qu’il a mis son nom au bas de son contrat,
peu importe que
ce nom ne soit pas toujours le vrai, et qu’il n’y ait pas
de notaire.
L’homme le légionnaire a découvert la fidélité
dans le contrat qu’il a signé. Le vertige collectif de la
Légion, l’entraînera dans les chemins du mysticisme
total engendré par "l'esprit de légion".
(citation d’un général célèbre, ayant
servi de nombreuses années a la Légion, et ayant eu un
esprit critique envers ses supérieurs hiérarchiques)
(Extrait
du livre de Repman 33 )

Place
a l'Histoire
Déserts
et massifs montagneux arides au nord, savanes au sud... Guerriers croyants
aux esprits des ancêtres contre cavaliers du Prophète en
quête d'esclaves... Du sable, du sang et un lac qui ne veut pas
mourir, tel est le Tchad, carrefour stratégique au centre du
Sahel.
En 1969, le président Tombalbaye fait jouer les accords de défense
avec la France pour combattre la rébellion du Frolinat... C'est
le début d'une aventure qui va durer plus de trente ans pour
les forces françaises, confrontées aux différentes
factions... sur fond de conflits ethniques et d'intervention ouverte
de la Libye.
C'est en avril 1969 que 390 hommes (en majorité des légionnaires
parachutistes et quelques bérets rouges) débarquent à
Fort-Lamy, qui ne s'appelle pas encore N'Djamena. Ces hommes forment
l'EMT 1 (état-major tactique n°1) sous les ordres du commandant
de Chastenet. L'unité à majorité 2e REP comprend
deux compagnies de combat, une section de mortiers et un élément
de commandement et des services. Pourvus de vieux camions Dodge et de
"Jeep" datant de la Deuxième Guerre mondiale, les
légionnaires ont une silhouette rappelant l'Algérie. Larmement
est pratiquement le même avec des fusils semi-automatiques FSA
et le célèbre PM MAT-49. Les hommes portent le chapeau
de brousse et ont adopté le chèche kaki, indispensable
en terrain semi-désertique. Quelquefois,un vieux Sikorsky S-58
survole les colonnes partant vers le Nord dans un nuage de poussière.
L'EMT 1 installe son PC à Mangalmé, d'ou les détachements
motorisés rayonnent afin de "se montrer".
Le
29 avril, la colonne du Capitaine Milin tombe dans une grosse embuscade
c'est a cette occasion que les légionnaires font connaissance
avec un nouvel adversaire qu'ils vont apprendre à respecter,
le guerrier Gorane, Toubou, grand, longiligne, rustique, évoluant
avec une parfaite aisance sur un terrain qu'il connait parfaitement.
Deux groupes d'assaut de 200 rebelles armés de sagaies mais encadrés
par des 'individus en armes se lancent à I 'attaque. Les hauteurs
sont protégées par des d'appui et le chef commande à
distance et au sifflet.
Pendant toute la durée du contact, une réseau radio émet
en russe sur la fréquence et coordonne l'action des rebelles.
Le lieutenant Germanos futur patron de la 11 e DP, dégage le
groupe agressé.Pas de pertes pour la Légion, mais les
rebelles comptent une cinquantaine de tués.
Pendant six mois l'EMT 1 nomadise paysages somptueux du Tibesti. Lorsque
la saison des pluies rend les pistes impraticables les hommes ont recourt
au cheval.

2ème
section , 2ème cie , lunettes Caporal Faust
Morales
avec quelques kilos en moins.....
assis
dans le camion Repman33
Apres
une course poursuite faut bien réparer les dégats causés au matériel
roulant !
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